Expressions béarnaises


Texte en partie tiré des livres “Fantaisies à cœur ouvert
et “Dictionnaire des vallées et du piémont béarnais


Le béarnais est l’une des composantes du gascon et fait partie de la grande famille des langues occitanes avec lesquelles il a des origines et des correspondances sensiblement identiques. Il a cependant ses spécificités, ses tournures  particulières, ses nuances, ses sens figurés…. On peut signaler au passage que la langue et toutes les formes sous lesquelles elle peut se manifester, constituent les véritables archives du peuple, plus que les chansons souvent écrites d’ailleurs autrefois par les lettrés, car celles qui l’ont été par des personnes du peuple ont en très grande partie disparues, du moins pour les plus anciennes souvent anonymes. Aucun pouvoir n’a imposé les composantes de notre langue qui a été façonnée par les autochtones eux-mêmes en fonction d’éléments locaux géographiques, climatiques, sociaux,  et humains … notamment.

Notre langue mairana (maternelle) est une langue très imagée dont les innombrables expressions font référence à des choses simples de la vie quotidienne, à l’environnement immédiat. Elles nous rappellent par leur contenu que le Béarn était encore un pays essentiellement agricole au lendemain de la dernière guerre mondiale.  Il s’agit la plupart du temps de métaphores, c’est-à-dire  des transpositions de sens.

                  En témoigne l’expression eslimacar lo casau (enlever les limaces du jardin) qui signifie aller à confesse, se débarrasser d’une pensée obsessionnelle. Mais on pourrait l’employer aussi aujourd’hui pour une psychothérapie quelconque, ou pour toute forme d’interrogatoire. Dans le langage courant certaines expressions basiques bien que galvaudées, sont ancrées chez les Béarnais et leur permettent, tout comme les chansons, les proverbes et les dictons, de garder un contact direct avec la langue, qu’ils soient locuteur d’occasion ou faible locuteur… Ce qui me laisse dire qu’il y a un important gisement en Béarn de locuteurs potentiels, qui ne connaissent pas bien souvent l’étendue de leur connaissance en ce qui concerne leur langue vernaculaire. Un gisement plutôt stérile, restant toujours hélas à l’état de promesses, du fait d’un barrage inconscient et d’une certaine retenue de mauvais aloi.

                   Il en est ainsi de  a hum de calhau (à en enfumer les cailloux) ; a huec de caishaus (à feu de dents) , ces deux expressions voulant dire très vite. Viste hèit e plan fotut.. (vite fait, bien fait) ;  a vista de nas (à vue de nez) …. atau qu’ei e qu’ei atau (ainsi c’est et c’est ainsi) ; tirà’t deu puisheu (sors-toi de là) ; tirà’t de la halha (sors-toi du coin du feu, ou bien, tu m’empêches de me réchauffer) ; vè t’arrajar las puç (va te faire bronzer les puces), soit : dégage ! – haut au diable (indique une surprise ; il correspond à…  mince alors, flûte !) ; que n’èi hartèra (j’en ai marre) ; qu’ei de dòu har (c’est dommage) ; que’m hè dòu (je regrette, ça me fait deuil) ; bruma baish (indique une atmosphère très lourde au sein du foyer familial) ;   qu’a  la cuca… (il ou elle est énervé.e, râle, ne se supporte pas) ;  har lo mus (faire la tête) ; que m’agrada… (j’aime) ; ne soi bon enlòc uei (je ne suis bon nulle part aujourd’hui). Dit par quelqu’un qui n’arrive pas à se concentrer sur un travail, perturbé par des pensées parasites. Dehòra n’ei pas plen… (dehors, ce n’est pas plein) correspond à l’expression française :  je ne vous reconduis pas, j’ai cassé le manche du balai… ce qui est plein de sous-entendus, autre caractéristique de nos expressions.

                  Rien qu’en restant en prise avec le langage courant, on constate des nuances qui modifient parfois fortement le sens d’un mot. Exemple avec aqueste hilh de puta ou aqueth hilh de puta… La deuxième formule est beaucoup plus forte et insultante que la première… On se rend compte de l’importance des mots lorsqu’on emploie par réflexe, lors d’une discussion en français, un mot ou une expression béarnaise plus douces que leur équivalent en français… ce qui permet de désamorcer un conflit, ou du moins de l’atténuer grandement.
En général, les astuces de la langue permettaient et permettent toujours d’apaiser les tensions interindividuelles toujours trop gaspilleuses d’énergie. Elles facilitent donc la communication.

               Ce qui me paraît spécifique également, c’est la propension à jouer avec tous les mots quels qu’ils soient. Dans notre capital langagier, il y a beaucoup de petites comptines amusantes, de courtes chansonnettes et de simples jeux de mots, utilisables à tout moment dans la vie quotidienne (vita vitanta) .. et dont on ne se privait pas jadis :
Quand on disait aïe ! il y avait toujours quelqu’un pour dire « ceba ! » (oignon) ; ou si on répétait mesmes  (mais, mais), quelqu’un rétorquait « mes, mes dotze mes que hèn un an (douze mois font l’année) ; ou encore si on disait en bégayant après, après … il y en avait toujours un pour enchaîner … « e après, e après, quate crabas, sedze pès. » (et après et après, quatre chèvres, seize pieds). Malheur à celui qui répétait hé, hé ! pour attirer l’attention, car il recevait aussitôt en retour, la réplique : « Palha ! » parce que hé ou hen, ça veut dire foin, et palha : paille. Même chose pour celui qui commençait sa phrase par … « Alavetz » (alors), il s’entendait rétorquer … « trufas e caulets !»  (pommes-de-terre et choux). 
Ou encore … « Que i a de nau ? –Arren de nau, tot de sèt e de ueit. »  (Qu’y-a-t-il de neuf ? – Rien de neuf, tout de sept et de huit), car nau veut dire à la fois neuf et nouveau.
Dans un autre genre, il pouvait se répondre ironiquement à cette question : « Que i a de nau ? –La nosta vaca qu’a hèit un chivau » (Notre vache a fait un cheval)
Les mots vrai, vérité (vertat) et véritable (vertadèr) sont mis à toutes les sauces. Par exemple, il se dit : “S’ei pas ua vertat vertadèra, qu’ei ua vertadòta.” Si ce n’est pas une vérité vraie, c’es une vérité approchante. “Ua istuèra vertadèrament vertadèra.” Une histoire véritablement vraie. “Ua istuèra verdiusa verdausa” Une histoire plus ou moins vraie, peut-être pas racontable.

                  On peut dire que la langue révèle l’humour à fleur de peau des Béarnais, toujours prêts à mettre du piment dans leur vie quotidienne, histoire de passer par-dessus les difficultés inhérentes, de prendre du recul, de la hauteur. Mais cet humour pouvait et peut toujours être dirigé aussi vers soi, c’est ce qu’on appelle l’autodérision. Avant une situation difficile, certains disaient par exemple : Adara qu’i èm, ça disè lo boc qu’anavan crestar (maintenant on y est, disait le bouc qu’on allait castrer). Tot docet, craba, lo boc qu’ei vielh (doucement chèvre, le bouc est vieux)

                  Certaines expressions tiennent du proverbe en montrant particulièrement la finesse de notre langue maternelle, tout en reposant sur l’ambigüité :
Pausà’s com los bueus a l’ombra deu noguèr.. . littéralement se reposer comme les bœufs à l’ombre du noyer. Mais en y regardant à deux fois, on s’aperçoit que le joug réunissant les bœufs est fait en noyer… donc les bœufs susdits ne se reposent pas mais travaillent bien … à l’ombre du joug, soit sous le joug.  D’autre part l’ombre du noyer tend à amplifier l’idée première  car cette ombre était réputée pour être la meilleure et était parfois même jugée dangereuse. Le béarnais se promène donc avec volupté dans l’ambiguïté. Bien souvent le sens principal est dissimulé derrière des sens secondaires et peut en fait signifier le contraire de ce qui semble se dire. C’est d’ailleurs une énième de ses caractéristiques…
Le dicton  « varam de la lua que seca era laca » pourrait suggérer que le halo de la lune était un bon indice de réchauffement à venir, seulement  il ne pourrait assécher que la flaque (laca) ; c’est-à-dire que c’est le contraire qu’il faut lire.

                  Un autre exemple de ce type : l’expression  laurar dab l’òs bertran … qui signifie labourer avec l’os bertran, soit en fait, manger les pissenlits par la racine, car l’os bertran est un synonyme du coccyx. En outre ce que ne révèle pas l’expression, c’est que labourer le jour de saint Bertrand était interdit par l’église. L’expression suggère donc que le sujet visé qui est mort, est libre de labourer à présent le jour de la saint Bertrand -sous-entendu-  … sans crainte de recevoir une sanction ecclésiastique.

                  Un nouvel  exemple : l’expression escapçatz-ve a des incidences multiples. Dans le sens premier ça veut dire détendez-vous, renforcé par le fait que le mot voisin de capcèr indique le chevet, le traversin. Elle est souvent associée à “Sedetz-ve” (Assoyez-vous), ce qui dirige un peu l’interprétation. Escapçar seul signifie mettre de l’ordre (dans ses idées), débrouiller une affaire, donner les éléments essentiels, exprimer sa pensée. Escapçar peut être employé pour l’idée de “couper un bout”, à interpréter ici comme se couper de soi-même, faire le vide dans son esprit. Estar d’escapsa  c’est remettre les pendules à l’heure,  Hicar las causas d’escapsa : mettre de l’ordre dans la maison (ou dans sa tête).  Tot qu’ei d’escapsa : tout est rentré dans l’ordre. La vertat que s’escaps :  la vérité se fait jour. Estar d’escapsa, c’est encore être bien disposé, posséder une grande faculté de compréhension
Donc l’expression escapçatz-ve est à prendre d’abord dans son acception première d’invitation à se décontracter, à lâcher prise, mais avec une certaine charge d’ambigüité, car le sujet peut l’interpréter aussi comme une injonction à se dévoiler, à être dans l’obligation de faire usage de son intelligence pour sortir des vérités, soit l’obligation de « se mettre à table » Sans oublier que escapar qui est proche veut dire échapper. La personne employant l’expression a intérêt à faire un effort de prononciation pour se faire bien comprendre, à moins  qu’elle veuille faire un lapsus… volontaire !
Si besoin était, cette expression  “Víver de crotz e de badalhons”… (Vivre de croix et de bâillements) peut donner à penser qu’on a affaire à une grenouille de bénitier.  Mais en sachant qu’autrefois nos ancêtres faisaient le signe de croix lorsqu’il bâillaient ou éternuaient, on penche plutôt pour l’inaction d’un paresseux. Nos ancêtres se signaient car ils avaient peur qu’en bâillant ou en éternuant, leur âme s’exfiltre de leur corps sans crier gare. Encore aujourd’hui des Béarnais prononcent « Coratge ! » (Courage !) en réponse à un éternuement.
Saber mei que carn pudenta : porte sur les deux sens du mot, soit savoir et avoir une forte odeur. Se dit de quelqu’un qui veut faire le savant  (prétendre ainsi sentir plus mauvais que de la viande pourrie)

                  Innombrables sont les comparatifs :  que m’i enteni com lo gat a la musica  (je m’y connais comme le chat à la musique) ; .. que’m va com l’esquira au pòrc.. (ça me va comme une clochette au porc). Ceux-ci s’inscrivent également dans le domaine de l’autodérision.
Souvent des jurons sont intercalés comme dans … n’ei pas hilh de puta possible (ce n’est pas HDP possible) . .. n’ei pas perdiu vertat (ce n’est pas par dieu, vrai) ; aqueth hilh deu diable..(ce fils du diable)  Ils n’ont toutefois dans ce cas que la valeur d’une interjection.

                  Une des spécificités de notre langue est l’emploi  très largement répandu des diminutifs utilisés sous forme de suffixes, ce qui permet  d’adoucir les mots, de préciser leur fonction… et surtout de majorer les niveaux d’affection. Par exemple pour petite : petita, petitona, petiteta, petitòta, petitoneta, petiòta…
Le grand béarnophile Simin Palay avait nommé sa maison de Gelos « Casa caseta ». Il avait tiré cette formule du proverbe difficilement traduisible « a casa caseta que’m cauhi la cameta, en tot aute larèr no’m cauhi que lo pè ». Ce qui donne… dans ma maison maisonnette je me réchauffe la jambette, en tout autre foyer je ne me réchauffe que le pied. Il se dit aussi dans ce même sens :  » casa caseta, quan non seré qu’hauguereta. » Soit, je souhaite avoir ma propre maison, ne serait-ce (même si ce n’est) qu’une petite fougère.
Dans cet ordre d’idée, la phrase « ..lèu que sabó la causa causilheta », qui est du complice de Palay, Michel Camelat, est intraduisible (vite il sut la chose .. chosillette..)  … soit, le fin mot de l’histoire, ou le dessous de l’apparence. Ces diminutifs se déclinent en  in, ina ; on, ona ; et, eta ; òt, òta ; òu, òla ; at, ata … en pouvant s’ajouter comme les poupées gigognes, exemple : petitoneta. Précisons  qu’il y a nombre d’autres suffixes…
Il en est de même des préfixes qui donnent une première indication sur le sens du mot qu’ils introduisent.

De même que les diminutifs, de nombreuses tournures ont une connotation affective…  On s’en aperçoit notamment par l’intermédiaire de  l’introduction des pronoms personnels compléments  … me-m’ .. te-t’.. se-s’  … qui permettent de lier les choses les unes aux autres. Il existe, ou du moins il existait, un rapport quasi fusionnel entre les Béarnais et leur monde environnant, ainsi qu’une très grande proximité avec leurs semblables ; ce qui transparaît à travers maintes expressions.
En témoignent les phrases suivantes :

J’ai oublié de t’écrire : que se m’ei desbrombat de t’escríver – Il faut que j’emporte : que’m cau har seguir –  J’amène le chien : que’m hèi seguir lo can – Je me suis : que se m’ei  –  J’ai besoin d’un couteau : que’m hè hrèita un cotèth –   Je regrette : que me’n sap mau – J’ai eu un vertige : que m’a passat ua estordida  – Il voulait la : que se la volè ou que la sa volè.   

Histoire de l’aviation en Béarn


                                        Dès 1909, les terres béarnaises du Pont-Long, au nord de Pau, ont vu les premières évolutions aéronautiques, devancées cependant par les ballons atmosphériques et leurs courses folles entreprises aux alentours de Pau, notre capitale. Ce sont les frères Wright venus tout droit des « states » qui furent les précurseurs de l’aventure aéronautique entreprise sur nos terres. Leur choix était dicté, entre autres, par la stabilité climatique du Pont-Long, avec l’absence de vents violents. Durant leur séjour, les records de distance/temps se succédèrent sous les yeux d’un public conquis et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le roi d’Espagne venu spécialement d’Ibérie pour assister à cet événement mondial. L’homme politique local Louis Barthou, conseiller général des Basses-Pyrénées et ministre polyvalent, prit même place dans l’aéroplane des frères Wright, le Flyer II. Un atterrissage brutal lui causa même une blessure et dut faire choir par la même occasion son indéboulonnable chapeau melon. Durant leur séjour, les deux frères formèrent trois aviateurs dont l’un d’eux passera avec son « coucou » quelques mois plus tard sous l’arc de triomphe de Paris. La guerre survenue cinq années après ce brillant épisode aérien, avec la première utilisation des aéroplanes comme engins de guerre, le Pont-Long devint naturellement la base d’une école de pilote de guerre. Plusieurs décennies plus tard, c’est l’école des troupes aéroportées de Pau qui s’établit à cet emplacement. Les records de parachutisme défilèrent également.
                                Une conséquence indirecte de l’élection du Pont-Long comme terrain d’évolutions aériennes, fut la traversée de l’Océan Atlantique par Lindbergh…. Elle tient au Béarnais Raymond Orteig, Ossalois de surcroît, qui offrit une récompense importante au premier aviateur qui franchirait l’Océan Atlantique, dans un sens ou dans l’autre, mais sans escale. Raymond avait assisté tout jeune à des évolutions aériennes au-dessus du Pont-Long et en avait gardé un souvenir merveilleux. Il partit aux USA et finit par acheter un restaurant à New-York, qu’il géra si bien qu’il le fit fructifier en achetant immeuble sur immeuble, hôtel sur hôtel. Lorsque Lingbergh revint triomphant dans son pays, il défila avec un cortège impressionnant de voitures à travers les larges et longues avenues de New-York. L’histoire ne précise toutefois pas que le personnage bedonnant assis à ses côtés durant de défilé, n’est autre que Raymond Orteig, bouclant en quelque sorte une boucle États-Unis – Béarn.
           Toute cette épopée mémorable est racontée en béarnais ici :

Controverse ossaloise


Controverse ossaloise.
Dans les années d’avant-guerre, alors que le folklore
de la vallée d’Ossau avait tendance à se déliter,
deux Ossalois échangent sur ce problème,
par revue interposée (Reclams), avec des points
de vue légèrement différents

Presentacion : qu’èi trobat suus vielhs calams d’abans-guèrra (1938) aqueth escambi agrimèu enter dus Aussalés, a perpaus de çò qui n’èra de l’estat deus musicaires (flutaires e tamborinaires) per la hèsta de Laruns. L’un meilèu pessimista, l’aute tot lo contrari ; mes tots dus suu pè de guèrra tà çò qui n’ei au par de la manèira d’arreviscolar las hèstas de Laruns d’autes còps, e d’encoratjar los joens a hicar-s’i tà las danças e d’apréner a jogar deu tamborin e de la flabuta.

◘Jan de Mongay :
Nosta-dama nosta ! deu mei capsús qui’m poish soviéner, dia de claror, dia de beutat, dia meravilhós on lo cèu pareishè devarat en vath d’Aussau ! La setmana d’abans, los « galants » dab la bèra pelha deus dimenges, vèsta roja, gilet blanc, culòta corta e cauças blancas que son pujats t’Aigas-Bonas tà har saber aus aigassèrs que la hèsta, la grana e beròja hèsta de Laruns qu’ei pròche e qu’averàn plaser e aunor a’us arcuélher sus la plaçòta, on s’i dançarà branlos e sauts. E los dus tamborinaires, Aubesti e Pèir, e l’avugle de Nauguès, lo Jan qui jòga deu vriulon, que s’aprestèn a har bronir los aires embriagants, e la joenessa de dançar en mesura, d’enviar la cama en l’èr, e de har retrenir d’aqueths arrenilhets dinc au som de las comas. Un parelh d’aqueths « galants » qui ne son que los conscrits de l’annada, que passan de maison en maison dab un gran plat garnit de flòcs on las immortèlas cuelhudas esprès au miei deus nevèrs, e hèn lo màger endom. Las floretas presentadas dab fòrça arrisolets que son agradadas de bona gràcia, e quauques pecetas que tringlan au plat.
L’auba deu bèth dia qu’a lusit. Deu som deu campanar, Talhurc, lo mèste sonador, que larga l’Angèlus. Ua pausa, un trang, dus, tres, com qui escota, e puish qu’ei tota l’aviada deus arrepics. Las campanas que se’n dan punch a la volada, e dab la loa trucadera la jòia que’n va d’ua montanha a ua auta. Qu’audim medish, qui’us hèn rampèu, las de Lobièr, de Haut-Beust e d’Assosta. E Gorzy, e la montanha verda, e Burguèra que’s renvièn tanben quauque reclam. Sus la plaçòta on ei la hont de marme, qu’an empondat quate barricas e quate taulas, e, au gessit de missa grana, qu’ei la hèsta de la dança, on la joentut deus vilatges torneja com se volè complir un rite.
Sovenir pregon qui guardi. La jòia qu’èra sus totas las caras e tot cadun qu’avè hicat lo beròi propiau, conservat en cada familha. Que l’avè tirat deus cabinets de noguèr e que sentiva bon lo romanin e l’aspic. La gojata a qui la mair fièra e esmavuda e l’apariava peu prumèr còp, que n’èra com tota cambiada e que semblava que l’amna de las mairbonas, l’amna de la tèrra aussalesa, tot çò qui pòrta l’aunor e la grandor d’ua raça gelosa de la soa tradicion, tot çò qui tresmuda au hons deu còr plan vadut los sentiments, que cridèsse çò qui devem aus ajòus, çò de miélher de nosauts.
Que soi d’ua generacion qui a vistas las darrèras culòtas cortas e las cauças de lan, los gualhards sus los esclòps a punta arrevirada, e qu’èi en memòri tandes d’Aussalés defunts de cara rasada, caperats deu berret marron e donc la camisa blanca estiglava. Los botons que n’èran de hiu e non de nàcre. Sus la trincha, ua cinta blua o roja que sarrava los còs.
Deus tres musicaires qui conegoi mainatge, un sol que viu engüèra, Aubestin, mes lo son clarin qu’ei mut. L’avugle de Nauguens qu’a passat lo vriulon au nebot, e los tamborins, s’i m’an dit, que’s moreishen en Aussau. Mes ne’s pòt pas… No’i seré per aquiu un reviscolaire prèst a har tirar enqüèra las arrelicas sedosas deus cabinets de noguèr ? Ah, s’èri còsso o caperan per Laruns, be’n tornarém véder processions e danças com las d’autes còps.

YAN DE MONGAY
Reclams : En seguida de la beròja pagina de Jan de Mongay, Aussalés, moss de Bréfeil que nse’n manda aquesta letra, qui, de bon grat, e hèm passar per la letra de motle. Las hèstas de Nosta-Dama e’s pèrden, òc o non ? Amics e confrairs, Bréfeil qui ei joen que ditz non, e ací qu’avem lo son truc de campana.
Robert Bréfeil :
Plan car amic e confrair. Qu’èi legut dab hèra de gai lo devís de Jan de Mongay sus la hèsta de Nosta-Dama de Laruns. Que m’a dat hèra de dòu de non pas està’i augan, mes que sabetz autanplan que jo, que lo mestièr militari non dèisha pas hèra de libertat. Qu’èi hèit tot çò qui ei podut tà’i poder viéner, mes en vaganaut. Bitara on n’èm pas que dus tutaires e un vriulon, la musica qu’a devut estar drin magre. Mes non cau pas desesperar per’mor d’aquerò, la Nosta-Dama de l’annada avenidera, que gausi l’espera au mens, que’m vederà, segur, jogar sus lo taulèr, las vielhas danças d’Aussau. Qu’èi vist, e aquerò no’m hè pas hèra de gai, que lo confrair Jan de Mongay que sembla portar lo dòu de tot çò de vielh en Aussau. Dilhèu que non s’ei pas mesclat desempuish longtemps de la vita paisana a noste, mes qu’averé devut saber que lo praube defunt Casassus-Barthou, de Laruns, qu’avè hèit, bèth temps a, escòla deus branlos e deus sauts. Que deveré saber medish que j’a bitara dus jogaires : Casabonne-Treyt tau tamborin e Nouguen, lo nebot de l’avugle vielh, qui an gahat la seguida e qui pòden tiéner un bal autanplan qu’auts còps. No’m hè pas guaire d’enveja de parlar de jo, mes que sabetz, segur, que sòi pro amuishat deus vielhs aires d’Aussau tà portar lo drapèu qui non poderà hicar la valea en desaunor. Bitara qu’èm donc tres, e que’vs pòdi assegurar que si diu e’m da ua vita pro longa, que seram mei numerós, dab l’ajuda deu temps, de la paciéncia e subertot de l’amor.
Dens lo país provençau, si m’an dit, que i avó un temps on lo tamborin se moriva, mes que j’a avut quauques esperits de la borra permèra qui an reviscolat tot e de plan. Bitara que son mei de dus cents tutaires. Tà qué non seré pas hèit parièr en Aussau e dens lo país adarron, on lo tamborin èra, au temps passat, en aunor ? Bitara que sòi encabestrat, non pòdi har arren, mes que gausi esperar que lo bon diu me darà pro de valentia, au temps a viéner tà poder har aquera òbra pietadosa, qui, lhèu, sauvarà los nostes branlos deu desbromb. Dejà dens la vath de Campan qu’èi amuishat un joen qui pòt ara, de plan jogar las danças de l’endret. Las bonas volentats que i serén, segur, mes que las cau trobar, e que’m voi cargar de segotir tot aqueste aròu de paisans qui son tostemps davant tà hicar lo vestissi deus vielhs, a’us qui non volèn pas jamei amuishà’s de plan de la musica vielha.
Sovent que non son bons qu’a abracar las danças e a la mescladera de « folklore » que voleré espudir carnavau medish. Pregatz lo confrair Jan de Mongay de non pas hicà’s la capa de dòu e de non pas arrengurar per los branlos. Non son pas morts ; que son plens de vita enqüèra. Non n’ei pas tant com autes còps, segur, mes totun pros que son los joens qui s’i saben har, simples, dobles, triscats e camadas. Si non n’i a tandes qu’au temps passat, los tutaires tanpòc, non hèn pas manca.
Tà vós e taus confrairs, las mias granas amistats e los mens felibrencs saluts.
                                                                                 ROBERT BRÉFEIL

Interventions radiophoniques.


 

 

Interventions radiophoniques :

~ France Bleu Béarn du mois d’août 2003 au mois de juillet 2005.
•Le Béarn de A à V.
•Le Béarn méconnu.

~ Radio País, Radio Oloron, La voix du Béarn : l’histoire du Béarn, au jour le jour.
•Émission biquotidienne « Matiadas » sur les trois radios en 2010, renouvelée en 2012.
~ Radio País en 2015 et Radio Oloron en 2014 : lecture du « Temps de las gruas » en béarnais.
~ Radio País en 2017 et Radio Oloron en 2016 : lecture des nouvelles de Fantasias en béarnais.
~ Radio Oloron en cours : « lo parlar de la tasca » (la langue du pays) > Un jour, un mot !

Formulaire de contact ↓

Conférences


Conférences effectuées ou effectuables :
~ La diversité des communes du Béarn. (Base : Lo noste Béarn)
~ A la découverte de la vallée d’Aspe. (Base : Terre d’Aspe)
~ Notes sur le roman « Le temps des grues ».  (Tenants et aboutissants)
~ Réflexions sur la traduction de ce roman en « Lo temps de las gruas ».
~ Réflexions sur les recherches lors de l’écriture de « L’histoire du Béarn, au jour le jour ».
~ Périodes sensibles de l’histoire du Béarn. (Base : Dia per Dia)
~ Guerres et révoltes en principauté de Béarn. (Base id°)
~ Réflexions sur l’écriture de mes différents livres.
~ Patronymes et toponymes béarnais. (Base : site http://www.lebearn.net)
~ Complexité de l’étymologie (Lectures diverses.)
~ Finesse et richesse de la langue locale, du béarno-gascon.

Calams béarnais 2016


Devís prononciat aus « Calams » biarnés 2016, on èri lo pairin.
(Traduction en-dessous)

                                 Aqueth lòc a on èm –Parlament de Navarra- que m’a brembat un eveniment istoric qui s’i ei debanat quate sègles a…. Tots qu’at savetz de plan, lo Biarn qu’estó autes còps independent pendent sègles e sègles, a’s gavidar tot sol. A pròva, en 1539, Francés lo purmèr que promulguè un edicte peu quau qu’èra d’ara enlà obligat d’emplegar lo francés peus tots actes oficiaus, juridics e administratius… Que s’aperava l’edicte de Villers-Cotterêts. Totas las regions e províncias de França que s’i pleguèn sonque un : lo noste Biarn. Lire la suite

Aquitaine&Gascogne


circleAQUITAINE / GASCOGNE

 

La nouvelle région qui nous est imposée ne semble pas déranger grand monde, même si sa composition est aberrante, du fait de nombreux éléments. Elle n’est pas logique du point de vue historique, ce qu’on voudrait nous faire accroire pour nous faire admettre l’inadmissible… La première fois qu’il est fait mention de l’Aquitaine remonte aux commentaires de Jules César à propos de sa vision de la Gaule. Cette Aquitaine Prime était nettement comprise entre la Garonne, les Pyrénées et l’Océan, épousant approximativement les limites de la Gascogne, du moins de la Gascogne linguistique, Lire la suite